L’Association fondatrice pour la Qualité des Médias en Suisse

 

L’idée

  • La liberté de la presse est garantie par la constitution. La liberté suppose une responsabilité, ce qui demande une reconnaissance d’une culture de qualité qui se manifeste dans la pratique.
  • Le but est d’établir un outil de référence externe pour assurer la qualité sous forme d’un classement répété des médias d’information en Suisse. Les résultats seront publiés en ligne, puis édités sur papier au moins tous les deux ans.
  • L’offre d’information des 40 à 50 titres de presse, sites d’information et supports des médias électroniques les plus populaires à l’échelon suprarégional doit être analysée, comparée et évaluée selon des critères préétablis en termes d’aspects qualitatifs.
  • Deux instituts universitaires regroupent et mettent en réseau leurs expertises, afin d’évaluer la qualité des médias selon les dimensions essentielles. La fondation assure l'accompagnement et se porte responsable des résultats. Cette conception garantie une valeur ajoutée à la signifiance du classement et conduit à une meilleure accréditation de la part des médias concernés.

 

L’objectif

  • En distinguant la qualité, ce classement veut apporter sa contribution pour améliorer la qualité des médias de manière concrète.
  • Au sein du paysage médiatique Suisse, ce classement sert de panneau indicateur. Il donne un aperçu des titres et des canaux de diffusion de premier plan dans tout le pays, ainsi que de leur qualité. En outre, il aidera à l’orientation pour toutes personnes et institutions ayant un rapport quelconque avec les médias. Mais en particulier, ce classement s’adresse aux professionnels des médias eux-mêmes.
  • Dans l’ensemble, il stimule le débat sur les critères qualitatifs, tout en renforçant le sens de la qualité. La qualité des médias devrait faire l’objet d’un large échange de vues, et devenir une thématique abordée notamment dans les lycées et d’autres instituts de formation. D’ailleurs, une réflexion sur le thème de la qualité des médias favorise la compréhension du rapport qualité-prix.

 

L’organisation

  • La responsabilité du classement et de sa publication incombe à l’Association fondatrice pour la Qualité des Médias en Suisse. Le conseil de l'association fondatrice est tenu de soutenir et superviser le comité directeur compétent.
  • Le comité directeur compétent dirige le projet d’établissement du classement des médias en Suisse avec les représentants des trois instituts impliqués, ainsi que les délégués du conseil de l'association fondatrice. Les instituts mandatés sont les garants d’une évaluation scientifique indépendante.
  • Pour la gestion, le conseil de l'association fondatrice désigne une personne compétente.

 

Classement de la qualité
 

Les raisons

La qualité des médias d’information est d’une importance capitale dans notre démocratie. En effet, elle se répercute directement sur la qualité du discours officiel. Les évolutions structurelles du secteur des médias à la suite de la révolution numérique, ainsi que la concurrence accrue des acteurs internationaux, ont une influence de plus en plus forte sur les modèles commerciaux des groupes de presse.

 

Ces bouleversements nuisent à plusieurs niveaux à la qualité des médias.

 

  • Les rédactions doivent faire face à leurs tâches avec moins de personnel et les structures des différents départements continuent à se disloquer dans des salles de rédaction virtuelles. Ces deux facteurs altèrent le niveau de compétence.
  • De plus, la convergence des médias a pour effet d’obliger les rédactions à traiter systématiquement les contenus et les adapter aux divers multimédias. La qualité des analyses en souffre.
  • Les rédactions en ligne sont «click-oriented», ce qui entraîne la «boulevardisation» des médias, aussi bien dans le choix des sujets que dans leur préparation.
  • La pression économique pousse tout le monde, même les journalistes, à penser en fonction de certains intérêts commerciaux.
  • Le taux d’audience devient donc la référence pour le travail des journalistes. Les événements particuliers, sensationnels et exotiques semblent plus passionnants et prometteurs que la couverture pertinente d’événements d’ordre général.

 

Etablissement du classement qualitatif
 

1. La qualité de la couverture médiatique

Le module 1 a pour but d’examiner les contenus publiés en fonction des principaux critères qualitatifs suivants:

  • Pertinence: Les thèmes majeurs destinés au plus grand nombre sont-ils au cœur de l’information ou la couverture médiatique s’intéresse-t-elle plus au caractère privé et particulier?
  • Diversité: Les grands thèmes de société (politique, économie, culture) sont-ils suffisamment traités? Quel est le rapport entre les informations publiées et les informations en ligne? La multiplicité des thèmes, la diversité des acteurs et le pluralisme des opinions sont-ils garantis?
  • Actualité: Les événements sont-ils suffisamment cernés, c’est-à-dire inscrits dans des rapports de cause à effet sur le long terme? Les nouveaux thèmes de société pertinents sont-ils abordés en temps voulu?
  • Professionnalisme: Dans quelle mesure les normes professionnelles «artisanales» sont-elles respectées? La couverture des événements repose-t-elle dans une mesure suffisante sur une production rédactionnelle propre? L’utilisation des sources est-elle  minutieuse? Le style du discours est-il objectif? Autrement dit, la critique repose-t-elle sur des arguments bien fondés?
     

2. La perception de la qualité

Le module 2 explore la perception de la qualité par les parties prenantes et la population.

  • Chaque année, près de 50 experts en communication des plus grands groupes de parties prenantes au sein des organisations médiatiques sont interrogés sur leur estimation de la qualité des différents médias. L’enquête conduite auprès de ce panel forme l’élément clé.
  • L’évaluation de la réputation et de la qualité d’un média en particulier par ses utilisateurs est obtenue au moyen d’un sondage représentatif mené auprès de la population.
  • Dans ce contexte, des documents du conseil de la presse et des services de médiation ainsi que des décisions judiciaires sont soumis à évaluation.
  • L’envoi d’un feed-back sur le site qualitedesmedias.ch (medienqualitaet.ch) devrait également offrir au grand public une possibilité supplémentaire de correction.
 

3. L'assurance de la qualité organisationnelle

Ce module du classement devrait évaluer l’établissement d’une culture de responsabilité au sein des organisations médiatiques. La gestion de la qualité contribue à assurer des offres journalistiques bien réalisées dans le respect de règles précises (objectifs qualitatifs) et dans le cadre d’une culture de responsabilité, en s’appuyant sur le code des journalistes ou les directives de publication des groupes de presse.

Lors de l’analyse structurelle de la qualité, l’étude contrôle que les conditions préalables de l’assurance qualité soient réunies, à savoir aux niveaux suivants:

  • Objectifs qualitatifs: La direction communique-t-elle en termes d’objectifs qualitatifs journalistiques, aussi bien en interne qu’en externe? Existe-t-il un guide journalistique, un statut rédactionnel ou un code d’éthique?
  • Développement du personnel: Existe-t-il des concepts de formation et des descriptions de postes? Des entretiens avec les collaborateurs sont-ils organisés?
  • Structure organisationnelle: La structure organisationnelle de l’entreprise encourage-t-elle la diversité et existe-t-il des structures par département au niveau de la rédaction?
  • Processus: Existe-il des processus susceptibles de contrôler la qualité de la production de manière anticipative (planification), durant la production (relecture, coupes), puis de manière corrective (critique des journaux/émissions), ainsi que d’évaluer systématiquement la performance journalistique (sondage auprès du public, médiateur)?

Dans la pratique, ce module a été collecté au cours de la période 2016/17, les résultats sont restés incomplets car toutes les entreprises de médias n'étaient pas disposées à coopérer. Cependant, la participation active des entreprises de médias est une condition préalable à une mise en œuvre réussie. 

 

Equipe d’analystes constituée de scientifiques


  • Mark Eisenegger
    Professeur titulaire de sciences de la communication (IKMZ) à l'Université de Zurich et directeur du fög - Forschungsinstitut Öffentlichkeit und Gesellschaft à l'Université de Zurich.
  • Diana Ingenhoff
    Professeur de sciences de la communication, en particulier de communication organisationnelle et de gestion de la communication, au Département DCM des sciences de la communication et de la recherche sur les médias de l'Université de Fribourg 
  • Vinzenz Wyss
    Professeur de journalisme à l’Institut für Angewandte Medienwissenschaft au sein de l’Université des sciences appliquées (ZHAW)
 

Membres fondateurs de l’Association fondatrice pour la Qualité des Médias en Suisse

  • Markus Notter
    Président de l’Association fondatrice pour la Qualité des Médias en Suisse, Président de l’Opéra de Zurich, ancien conseiller d’Etat du canton de Zurich
  • Andreas Durisch
    Managing Partner de Dynamics Group AG, ancien rédacteur en chef de la SonntagsZeitung
  • Sylvia Egli von Matt
    Directrice de MAZ de 1999 à 2014
  • Bruno Gehrig
    Président du conseil d’administration de Swiss